École d’architecture
de la ville & des territoires
à Marne-la-Vallée

Architecture post-carbone

    Réchauffement climatique, démographie, épuisement des énergies fossiles, raréfaction des matériaux. Ces quatre révolutions bouleversent théories et pratiques du design, de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage. La formation, Architecture post-carbone a pour objectif de transmettre savoirs, méthodes et outils pour interpréter et agir selon ces mutations radicales.

    En premier lieu, le réchauffement climatique exige une révolution urgente des pratiques de conception : prendre conscience de l’impact carbone majeur de la construction, analyser comment tout projet, quel que soit son échelle, doit participer à l’objectif de neutralité carbone, puis anticiper à terme des émissions négatives nettes pour plafonner le changement climatique aux +2°C, incorporer la nécessité de l’adaptation au réchauffement global, de la gestion des risques et de la robustesse nécessaire de toute conception.
    En parallèle, au cours de ce siècle, la population mondiale tendra probablement vers un pic démographique et cet extrémum conditionnera l’extension de l’architecture et de la ville ; la crise climatique mettra à l’épreuve la résilience des territoires vis-à-vis des migrations à venir. Nos générations verront aussi les tensions et les crises liées aux pics pétroliers : comment la production et l’exploitation des bâtiments parviendront-elles à se défaire d’une dépendance à 85% aux énergies fossiles ? Et comment l’architecture apprend-elle à redevenir renouvelable ?
    Ce siècle des pics sera également celui des matériaux. L’architecture aura à composer avec la raréfaction de certains de ses ingrédients fondamentaux. Quels seront les futurs de conception qui devront emprunter massivement au biosourcé et au réemploi ?
    Par ailleurs, en parallèle à ces quatre mutations, le numérique peut offrir une opportunité formidable pour réinventer leur rapport à la mémoire, au savoir et à l’information.
    Architecture post-carbone, formation post-graduate, questionne de façon interdisciplinaire ces mutations essentielles, qui redéfinissent les conditions aux limites de l’architecture : les chocs entre climat, usages, matières, énergies et savoirs.

    Présentation et spécificités

    La méthode proposée s’articule autour des mots-clés suivants :
    Rétrospective et prospective : la nature, la gravité et l’issue des crises sont incertaines. Nous fondons donc notre démarche sur une analyse des grandes évolutions en cours, une vision rétrospective et historique, d’une part, et prospective de l’autre, notamment à travers la méthode des scénarios. Nous visons à développer une forme de « résilience intellectuelle » et être ainsi capables de nous adapter à la variabilité et à l’inconstance des futurs possibles. Apprendre à projeter dans le temps et la question prospective sous-jacente à tout projet. Se forcer à se poser ces questions : comment sera le projet à mi-vie ? Quelle sera sa ruine ? Ses constituants serviront-ils à d’autres projets ? Nous élaborons des chronogrammes de flux et développons une culture de l’analyse de cycle de vie. La formation incorpore un atelier d’écriture où s’imaginent récits prospectifs et environnements programmatiques fictionnels, formes de musculation indispensables à des futurs incertains.

    Connaissance, recherche et projet : l’emploi du temps est divisé entre l’acquisition de connaissances et leur mise en application sur des thèmes d’étude opérationnels qui nous sont confiés par des commanditaires réels. Cette formation opère à la fois comme think tank et do tank sur des questions concrètes. L’application immédiate des connaissances générales dans des cas précis assure leur validation et intégration dans un processus de recherche élargi et de synthèse continue. Vous êtes encouragés fortement à lire, voir, écouter --et à partager-- une grande diversité de documents traitant de la globalité des sujets écologiques ; et constituer ainsi l’incontournable culture fondamentale, socle des valeurs essentielles d’une architecture nouvelle.

    Transcalarité et transdisciplinarité : les études et recherches que nous menons ont montré que l’échelle du projet n’est pas une donnée à son origine. De l’investigation parallèle du composant et de la ville, ou de celle de l’ilot et de l’aménagement territorial, naissent des stratégies inédites et probantes. Comprendre les poupées gigognes d’échelles écologiques et les inclusions successives. Interroger l’emprise physique du projet architectural comme son « bassin versant d’énergie » et son « bassin versant de matière ». Cette méthode mobilise nécessairement de multiples disciplines, reflétées par le contenu théorique de la formation. Elles interagissent jusqu’aux échelles les plus concrètes et aussi par la mise en œuvre de prototypes. Le caractère transdisciplinaire de cette formation encourage l’analyse d’une grande diversité d’objets, autre que l’architecture : les infrastructures, les modes de production d’énergie, les lieux de production et de transformation, les moyens de transport, le design.

    Quantitatif et qualitatif : sans moyens les projets ne restent que des intentions –éventuellement belles--. La maîtrise technique et l’incontournable mise en perspective critique de ces moyens sont au centre de la formation. Au qualitatif s’ajoute le quantitatif ; sans se substituer à une formation d’ingénieur, il s’agit de favoriser l’acquisition du socle scientifique et l’éclosion d’une appréciation de l’ordre de grandeur des phénomènes physiques mis en jeu par nos projets. En estimer l’échelle, maîtriser le nombre « flou ». L’enjeu n’est pas la formule, l’abaque d’ingénieur, les trois chiffres après la virgule, la virtuosité dans les simulations. Il s’agit de sentir son « modulor » des questions environnementales, base sur laquelle estimer les bonnes proportions de la soutenabilité. Les diagnostics climat-usages-énergies-matières sont des préalables à tout projet.

    Outils et représentations : des outils nouveaux et performants, choisis parmi les nombreuses possibilités qui naissent de la mutation numérique en cours, sont mis au service des études et recherches, en intégrant leurs possibilités et en comprenant les limites. Ils s’ajoutent à la vaste panoplie d’outils, dessins, calculs et écrits, plus classiques que nous mobilisons pour comprendre, décrire et communiquer les intentions et le contenu de nos projets. Nous nous attachons à fabriquer des outils graphiques dédiés : flux spatialisés, cartes de récolte énergétique, d’approvisionnement de matériaux… et inventer la nouvelle culture visuelle et graphique qui représente les phénomènes déterminants.

    Apprentissage et transmission : la formation vise à donner aux étudiants les connaissances et les moyens de projeter et construire dans une situation de crise écologique. Elle vise également à leur conférer la capacité de transmettre et propager à leur tour ces connaissances dans les différents milieux professionnels auxquels ils se destinent, maîtrise d’œuvre, maîtrise d’ouvrage, entreprises, recherche ou enseignement. La formation encourage aussi l’élaboration collective d’un regard critique sur la production architecturale dite « verte», ou écologique ou sinon vertueuse du point de vue environnemental. De façon conclusive, cette formation vise à propager et à faire débattre des questions relatives à l’enseignement et à la recherche de l’architecture renouvelable et résiliente.

    Contenu

    La pédagogie s’appuie sur les forces propres de l’École et sur celles de son réseau de partenaires (École des Ponts ParisTech, IFFSTAR, DSchool, ESIEE, institut de recherche Efficacity, Université Paris-Est, etc.).
    Les principaux thèmes théoriques de la formation s’inscrivent dans les catégories suivantes :
    Histoire et prospective, climats, énergie, territoires et paysages, bioclimatisme et confort, matières, construction et réalisation et nouvelles pratiques (design thinking, DIY, mock-up, etc.).

    Organisation

    Cette formation s’adresse à un public pluridisciplinaire. Professionnels et étudiants, titulaires d’un diplôme de deuxième cycle universitaire, ou équivalent, dans les métiers de la création : designers, architectes, paysagistes, urbanistes et ingénieurs. Elle se déroule sur deux semestres. Le premier est consacré à l’acquisition des connaissances et à leur mise en application dans des études de cas menées en équipe. La deuxième partie de l’année est dévolue à une recherche personnelle encadrée et structurée par plusieurs masters class de praticiens ou chercheurs de renom qui se déroulent dans le cadre d’un séminaire de recherche.
    La formation réclame un engagement important et une adhésion profonde aux problématiques soulevées par le programme. Elle demande maturité, motivation et réelle autonomie intellectuelle, ainsi qu’une disponibilité complète pendant les six premiers mois. La seconde partie de la formation, les six mois consacrés à la recherche personnelle, sont compatibles avec une activité professionnelle en lien avec le thème de la recherche.

    Admission

    La formation s’adresse aux titulaires d'un bac + 5 ou équivalent dans les domaines de la conception et construction des territoires, de la ville, des bâtiments (architectes, ingénieurs, paysagistes, designer...) français ou étrangers.
    Le dossier de candidature comportera :

    • la fiche de candidature ;
    • un curriculum vitae ;
    • une note de motivation approfondie en français explicitant les centres d’intérêt et motivations et les intentions pour la formation architecture post-carbone ;
    • un dossier de travaux (25 pages maximum) comprenant tout document attestant de l'expérience et de l'intérêt pour les thèmes de la formation (production de projets, de travaux, de mémoires, d'articles...).
    • une annexe optionnelle comprenant tout élément complémentaire nécessaire à la candidature
      La pratique de langues étrangères est un plus.
      Le dossier est à envoyer par courrier, la date limite d'inscription est fixée au 15 mai 2018..
      Pour les postulants étrangers : TCF : niveau supérieur (500 à 599 points) C1 et note de 14/20 minimum aux épreuves écrites et orales ou DALF : C1 - Tous les documents transmis en langue étrangère doivent être traduits en français.
      Architecture post-carbone ouvre droit à des financements d’organismes de formation professionnelle continue.
    Diplômé(e)s
    promotion diplômé(e)s
    2014-2016 ALVAREZ VILLANUEVA Bertold
    2013-2015 BARROIS Alice
    2015-2017 BESANÇON Manon
    2015-2017 BESSE Morgane
    2013-2015 BICHET Florian
    2014-2016 BONNET Marion
    2013-2015 BUHANNIC Pierre
    2014-2016 CABALLERO MANZANO Victor Hugo
    2014-2016 CAPOULADE Florence
    2013-2015 CARVALHO DE OLIVEIRA Emma
    2015-2017 CHEVALIER Paul
    2013-2015 CHIU Elisa
    2015-2017 DE PAULA RODRIGUES Tatiana
    2015-2017 GRESET Charlotte
    2015-2017 GROLLERON Pauline
    2013-2015 JANNER Constant
    2015-2017 KAISER Lysiane
    2015-2017 MARTIN Fanny
    2015-2017 LUCIANI Jean-Charles
    2013-2015 PEDOT Laure
    2014-2016 PERALTA Mauricio
    2013-2015 PIQUEMAL Alix
    2013-2015 SAME Géraldine
    2013-2015 TOGO Giovanna
    2015-2017 VAILLANT Amaury

    Et après

    La formation Architecture post-carbone offre différents débouchés au sein d'agences d'architecture, de bureaux d'études techniques ou d'agences mixtes d'architecture et d'ingénierie, d'organisations non gouvernementales et associations, de centres de recherche, d'ouverture vers l'équipe de recherche de l’École : l'Observatoire de la condition suburbaine (UMR AUSser 3329) et la formation doctorale.
    Voici quelques exemples de structures, en France ou à l'étranger, dans lesquelles travaillent ou ont travaillé les diplômés de la formation :

    Paris, Ile-de-France
    A003 Architectes Victor-Hugo Caballero
    Ajencion Pozzi Bertold Alvarez
    Atelier Pozzi Mauricio Peralta
    Association des compagnons Bâtisseurs Laure Pedot
    École d'architecture de la ville & des territoires Amélie Rutela
    Édouard François Paul Chevalier
    Efficacity Giovanna Togo, Marion Bonnet
    Éléments ingénierie Alix Piquemal
    Elioth Emma Carvalho de Oliveira, Lysiane Kaiser
    Franck Boutté Florence Capoulade, Pauline Grolleron
    Jean-Paul Viguier Jean-Charles Luciani
    SNC Lavallin Morgane Besse
    Tribu Géraldine Samé, Fanny Martin

    Royaume-Uni
    Grimshaw Alice Barrois
    SOM Charlotte Greset

    Italie
    Lombardini 22 Florian Bichet

    Etats-Unis
    AIA LEED AP Pierre Buhannic

    Brésil
    Urbanism secretariat of Rio de Janeiro Tatiana Rodrigues

    Australie
    Grimshaw David Pistre

    Arménie
    ADICE-AVC Manon Besançon

    Norvège
    SNOETTA Amaury Vaillant

    Suisse
    Kampfen fur Architektur Elisa Chiu

    À suivre
    les cahiers de la formation
     
    En bref
    Crédits ECTS : 60
    Durée : 12 mois
    Niveau d'études : bac + 6
     
    Responsables
    Jean-François Blassel
    et Raphaël Ménard
    avec Giovanna Togo
     
    Contact
    Nathalie Guerrois
    Tél. +33 (0)1 60 95 84 31

    Documents à télécharger

    Présentation
    flyer étudiant

    Candidature 18-19
    fiche candidature

    MSP
    MSP

    Liens
    Fabrique Post-Carbone
    Association des anciens étudiants citoyenne, créée en 2015 par d'anciens étudiants.

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