Le projet Tschumi

    Projet de l'architecte Bernard Tschumi, le bâtiment de l'École offre une qualité d'espace propice à la concentration comme aux échanges. Entre les deux blocs accueillant l'administration, les ateliers et les salles de cours, s'ouvre un grand forum où ont lieu de nombreux évènements pédagogiques, et autour duquel s'articulent la cafétéria, l'espace d'exposition, deux amphithéâtres et les circulations.

    "Si le décret fondateur de l'École d'architecture de la Ville et des Territoires n'est signé qu'en août 1998, le nom de son architecte est connu depuis le mois de décembre 1994, au terme d'une étude de définition mettant en lice trois équipes (Bernard Kohn, Christian de Portzamparc et Bernard Tschumi). Auteur du Parc de la Villette (1983-1998) et du centre d'art du Fresnoy (1992-1998), c'est ce dernier qui signera la nouvelle école. (...)".
     
    Dans le contexte suburbain de la Cité Descartes, le campus universitaire de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, Tschumi dessine un bâtiment hybride, fragmenté, dont la singularité des divers éléments est exacerbé par le traitement des façades.
     
    Sur l'avenue, il aligne deux plots abritant les locaux des enseignants et de l'administration : le premier, gainé de plaques d'aluminium embouties, est rythmé par ses ouvertures régulières ; le second, en béton brut percé de longues fenêtres en bande, prolonge verticalement un socle tronqué, émergence de la bibliothèque semi-enterrée. Sur l'arrière, face à la forêt de Champs, Tschumi loge les ateliers d'architecture, en double hauteur, largement vitrés sur le nord. À l'ouest, un autre plot de béton brut accueille des salles de cours tandis qu'à l'est, une paroi entièrement vitrée, reste en attente d'une seconde phase de construction.
     
    Offrant au campus ses façades les plus opaques, le bâtiment s'intériorise en un vaste atrium éclairé zénithalement, cerné par de longues coursives métalliques et habité par le volume suspendu de l'auditorium. Lieu non programmé de l'imprévu, de l'échange et de la sociabilité, « accident spatial informel ouvert dans le système rationnel, »1 l'atrium se veut la condition de l'événement : « ce n'est pas seulement pour construire des lieux dans lesquels il doit se passer quelque-chose, ni seulement pour que la construction elle-même y fasse, comme on dit, événement. Là n'est pas l'essentiel. La dimension évènementielle se voit comprise dans la structure même du dispositif architectural : séquence, sérialité ouverte, narrativité, cinématique, dramaturgie, chorégraphie.»2"
     
    Par Pierre Chabard, architecte, docteur et critique d'architecture.

    Esquisse du projet de Bernard Tschumi.

    Liens
    "1 architecte 1 bâtiment" .

    Notes
    1. Bernard Tschumi, « Architecture of the Event », in Anyway, New York : Rizzoli, 1994, p.83

    2. Jacques Derrida, Psyché, inventions de l'autre, Paris : Gallilée, 1987 (chap."Point de folie - maintenant l'architecture)

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